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La vie d'une volontaire CES en France : Chiara à Reims

Rédacteur : CRIJ - volontaire CES
Date de mise à jour : 30/07/2021

La vie d'une volontaire CES en France : Chiara à Reims

Corps Européen de Solidarité de 12 mois (Août 2020 – Août 2021) au “Centre Régional Information Jeunesse – Grand Est” (Reims, France)

« Je m’appelle Chiara, j’ai 26 ans et je suis volontaire italienne au CRIJ Grand Est.  Je viens de Morrovalle, une petite ville qui se trouve dans la région « Marche » (ou « les Marches » en français), région de l’Italie centrale.  Je suis arrivée en France à la fin d’août 2020 et j’ai commencé mon projet de volontariat tout de suite. Malheureusement, cette magnifique expérience va bientôt terminer ! 😥

En tant que volontaire italienne CES (Corps Européen de Solidarité), je participe à différents types d’activités d’information :

  • Mise en œuvre d’événements sur l’Europe et la citoyenneté européenne dans les écoles ou avec des partenaires locaux
  • Accompagnement des jeunes souhaitant faire un CES avec le coordinateur CES Gilles (soutien linguistique, accompagnement dans la recherche de la structure d’accueil, valorisation de projets des volontaires, etc.)  
  • Organisation de « Cafés des langues » en ligne (italien, anglais, espagnol et tchèque)
  • Création de documents d’information (pages web, mise à jour de Facebook, histoires Instagram)
  • Participation à d’autres événements (Forum Jobs, Forum Time to Move…)

J’ai terminé mes études en février 2020, quelques semaines avant la fermeture totale de mon pays d’origine, l’Italie, et pour cette raison tous mes projets de bouger à l’étranger ont disparu. C’est juste quand je pensais ne pas pouvoir voyager à nouveau et vivre pleinement la culture d’un autre pays que j’ai appris l’existence du Corps Européen de Solidarité. Au début, je n’avais pas de destination précise, j’étais ouverte à toute proposition, même si les pays francophones étaient en tête de ma liste, car j’avais déjà vécu en Belgique et en France et je suis amoureuse de la langue française. Puis un jour, en recherchant sur le portail européen du CES un projet dans le domaine de la mobilité et la citoyenneté européenne, m’est apparue l’offre du CRIJ et dans ma tête j’ai pensé que c’était un signe. Le projet reflétait beaucoup à la fois mes études et mes stages à l’étranger, aussi bien que pouvoir évoluer professionnellement dans un environnement stimulant. Grâce à ce projet, j’ai pu prendre confiance en moi en contribuant à organiser des événements et activités très intéressants, ainsi que la satisfaction d’aider les jeunes volontaires à trouver un projet de volontariat qui leur parle. J’ai immédiatement aimé l’atmosphère du bureau. Mes collègues sont fantastiques. Ils m’ont mise à l’aise dès mon arrivée et l’un de mes moments préférés est certainement la pause déjeuner, car c’est là que je peux leur parler, lire notre horoscope, parler de football avec Gilles et faire des mots croisés avec Raphaël. Ce sont ces petites choses qui m’ont terriblement manqué pendant le confinement. J’ai tellement d’anecdotes liées à la vie au bureau : de mon « sac poubelle » (le k-way noir que j’utilise pour ne pas me mouiller quand je viens au travail en vélo, qui ressemble en fait à un sac poubelle quand je le porte) qui est devenu célèbre, à ma chute dans les escaliers ou encore à la fois où je devais faire du café mais je ne savais pas comment utiliser la machine et alors j’ai mis trop d’eau qui a coulé et inondé toute la table. Au début, j’ai également eu un problème avec la porte principale : la serrure est montée à l’envers, c’est pourquoi je n’ai jamais pu ouvrir cette porte du premier coup ! Le volontariat m’a également permis de faire valoir mes idées et m’a encouragée à me rendre plus ouverte et disponible dans le travail de groupe, ainsi qu’à valoriser le travail individuel. Une grosse différence avec le stage. Le CES te fait comprendre te compétences, tes forces et tes faiblesses. Une expérience à 360 degrés qui te prépare au monde du travail.

J’ai grandi non seulement sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan personnel. Chaque fois que j’ai une expérience à l’étranger, j’en sais plus sur moi-même, mes forces et mes limites. Quand je suis arrivée en août, pendant une semaine, je rentrais du travail avec un fréquent mal de tête, en raison de l’effort que je faisais pour parler une autre langue tout le temps. Maintenant j’y suis habituée, même si de temps en temps j’italianise les phrases et les mots, ou que je mélange le français et l’anglais quand je parle. Heureusement sans plus aucun mal de tête !  C’est dire qu’il n’est pas facile de parler dans une autre langue tout le temps, c’est un véritable défi, mais avec le temps on s’y habitue et on ne s’en aperçoit même pas !

Je suis tellement reconnaissante d’avoir mes colocataires français (+ Teddy 😆) et je me considère très chanceuse car nous avons développé un lien fort et nous faisons beaucoup d’activités ensemble. Les soirées consacrées à regarder la série « This is us » ou d’autres films avec un plaid et une tisane; le mois où ma colocataire et moi avons décidé de devenir sportives et avons choisi Just Dance comme sport à faire à la maison pendant le confinement (une activité sportive d’une durée d’un mois, voire moins 😂); les soirées consacrées à la pizza; les brunchs du dimanche; le premier festival ensemble où nous avons fabriqué des couronnes de fleurs pour la tête et dansé jusque tard dans la nuit; ma fête d’anniversaire sur le thème « Hawaii » et tous ces moments uniques vécus avec eux. Ce sont des personnes spéciales qui m’ont aidée à me sentir « chez moi » et à ne plus être une étrangère en France.

De plus, grâce au fait que le CRIJ est une structure d’accueil, j’ai pu rencontrer les autres volontaires étrangères qui sont à Reims et à Cormontreuil. J’adore passer du temps avec les filles, nous rions et plaisantons beaucoup et nous jouons à de nombreux jeux de société (Sophie et moi nous défions toujours à mort lorsque nous jouons à un jeu de cartes appelé Ligretto, c’est devenu l’un de mes jeux préférés et je dois admettre qu’elle gagne presque à chaque fois ! 🙄).

Dès le début de l’Euro 2020 , j’ai également eu la chance de rencontrer un magnifique groupe d’Italiens qui fait partie d’une association qui s’appelle « Italiani à Reims ». Tout le monde m’a accueilli immédiatement à bras ouverts, avec la chaleur typiquement italienne, et j’étais très heureuse car une bonne connexion a été rapidement établie avec certains d’entre eux. Nous avons regardé chaque match tous ensemble, en plus d’autres activités proposées par l’association. Le dernier match a certainement été le meilleur : nous avons souffert dans un silence plein d’émotion et d’anxiété au moment du penalty, un silence qui a ensuite explosé en un véritable rugissement italien dans une soirée magique !

Bien que cette pandémie ait vraiment limité nombre de mes activités au début de cette vie comme volontaire européenne, tant au travail que pendant mon temps libre, je peux me considérer comme très chanceuse car je vis une expérience unique en son genre. Le volontariat européen t’enrichit à tous points de vue et il s’agit d’une croissance continue. Par rapport à mes expériences Erasmus, qui étaient cependant vraiment spéciales et aussi formatrices, je peux dire que le volontariat européen est ce saut supplémentaire qui te permet de comprendre qui tu es et ce que tu aimerais faire à l’avenir. Avant de partir, j’avais en tête plusieurs projets indéfinis, plus de peurs et d’insécurités, plus d’incertitude sur mon avenir. Maintenant, j’ai des idées plus claires et je suis aussi plus consciente de moi-même et de mes capacités. Je sais que ce « monde », le monde de la mobilité internationale, le monde des échanges, des rencontres entre différentes cultures et langues, c’est le monde qui m’appartient. Cela me rend heureuse et enthousiaste par ce que je fais.

Mon conseil est d’essayer cette expérience car c’est vraiment unique. Je parle surtout aux jeunes : ne vous laissez pas décourager par la situation actuelle, partez, voyagez, découvrez le monde, impliquez-vous et n’ayez pas peur de ne pas vous sentir à la hauteur de la situation ou de la barrière linguistique ! Vous devez profiter de chaque instant ! Vous ne le regretterez pas ! » 

 

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